Notice: Undefined variable: hasHome in /home/entrfami/public_html/sapphire/core/model/SiteTree.php on line 443

Notice: Undefined variable: hasHome in /home/entrfami/public_html/sapphire/core/model/SiteTree.php on line 443
Entraide familiale de l'Outaouais | Susanne Danis témoigne
Faire un don
Facebook Twitter

Susanne Danis témoigne

Publié le 22 juin 2011

Par Susanne Danis

Diane Tremblay Guylaine Beaulieu Susanne Danis Diane Tremblay et Guylaine Beaulieu remercie Susanne Danis

Demain, c’est le premier jour du mois et le chèque d’assistance sociale rentre. Depuis que je suis malade, je vis sur l’assistance sociale et on me dit que ça a été créé pour des gens comme moi. Sauf que je sais que peu importe ce que je fais, d’ici dix jours l’argent de poche se fera rare, d’ici vingt jours je manquerai de nécessités alimentaires, tel le lait, les œufs et les légumes frais. Si j’attrape de bonnes ventes dans les circulaires, je ne manquerai pas de fruits avant la fin du mois. Peu importe ce que je fais, je n’aurai pas assez d’argent pour pourvoir à tous mes besoins. Cinq fois par année, la banque alimentaire m’aide et j’apprécie leur assistance. Je dois oublier les sorties avec les ami(e)s et les billets au théâtre que j’adorais fréquenter lorsque je travaillais. 


Conjuguer la pauvreté, c’est être en action. C’est de choisir de ne pas se dévaluer parce que l’on n’a pas accès à ce que tous les gens en général ont accès. C’est de choisir de garder la tête haute lorsque je visite une banque alimentaire, sachant que j’ai tout fait pour être le moins possible dépendante des gens bons et charitables. C’est de me communiquer à moi-même la dignité humaine que je communiquerais à n’importe qui dans ma situation. C’est aussi m’étirer pour pouvoir apporter ma contribution, soit en aidant quelqu’un, soit en donnant de mon temps, de mon support et de mon encouragement. Conjuguer la pauvreté, c’est de me promener dans les rangées du supermarché et de choisir ce dont je peux me priver pour le mois au lieu de me choisir quelques gâteries au-delà de mon budget.

 
Je ne suis pas faite de pierre. Mon cœur bat la chamade lorsque je sens le stress me surprendre, quand je me rends compte que je manque encore de quelque chose de nécessaire (comme un médicament qui n’est pas couvert) ou que j’aurais besoin d’un ou deux pyjamas pour aller à l’hôpital. Je me casse la tête pour me payer des lunettes ou un sous-vêtement adéquat. J’ai oublié les jours ou l’épilation et la coupe de cheveux faisaient parties des petits luxes de ma vie. 


Pour moi, conjuguer la pauvreté veut aussi dire de cultiver un cœur reconnaissant pour les organismes comme l’Entraide Familiale de l’Outaouais qui pour ces dernières années ne m’ont pas seulement habillée, mais ont aussi été une source de soutien, d’encouragement et de support. Logemen’Occupe m’ont assisté pour trouver un logement lorsque j’ai dû déménager. C’est d’apprécier les petites grâces de la vie, les petits joyaux qui passent et embellissent ma vie et la réchauffe. C’est d’avoir des yeux suffisamment simples et humbles pour voir les vrais enrichissements. Moi, je conjugue la pauvreté à tous les jours, mais c’est l’attitude de mon cœur qui me permet d’accepter de le faire sans devenir vide et amère. 


Et donc, j’aimerais vous lancer ce défi, celui de conjuguer la pauvreté gracieusement et d’un cœur ferme.

 

L'auteure de ce texte, Susanne Danis est membre d'Entraide familiale de l'Outaouais. Son texte est publié à la page 10 du rapport d'activité 2010-2011 et a été livré par Madame Danis à l'assemblée générale annuelle et publique du 16 juin 2011.

Nos Partenaires